De défi en défi

« Le premier jour du confinement, nous avons fait un tour dans le quartier pour rencontrer les jeunes, leur parler des mesures de protection, raconte Yves Ange, coordonnateur du secteur jeunes du centre social Les Amandiers (Aix-en-Provence).
« Rapidement, nous avons utilisé Snapchat, le réseau préféré par les jeunes qu’on utilisait avant, pour rester en contact. Six jours sur sept, entre 15h et 16h, nous leur proposons un défi ; logique, réflexion, origami, sport, tour de magie, jongle de rouleaux de papier toilette. Cet horaire est adapté à leur mode de vie et la régularité donne un rythme et permet de garder le lien plus facilement. »

Chaque jour, une dizaine de jeunes relèvent donc les défis lancés (une trentaine au total). « Ils ont souvent un lien avec la réflexion et la culture générale, c’est aussi un moyen de leur transmettre des connaissances car tous n’ont pas encore pris conscience de l’importance d’apprendre. Snapchat permet aussi de discuter de leurs difficultés car ce n’est pas toujours faciles pour les ado d’être en permanence avec leur famille. On les aide sur les devoirs quand ils nous sollicitent, même si faire les devoirs ce n’est pas trop leur truc. La plupart se sent assez libre, et surtout ceux qui sont en échec scolaire, parce qu’ils n’ont pas cours, mais ils ne réfléchissent pas à long terme et vivent le temps présent. Cette période m’a fait prendre conscience à quel point nos métiers sont fragiles et importants, poursuit Yves. Fragiles lorsqu’on perd le contact physique et importants parce que le lien, la confiance sont déterminants dans la transmission et l’Éducation populaire. »